Contenu commun aux cours philosophiques

L’objectif qui a guidé ma réflexion c’est l’apprentissage du VIVRE ENSEMBLE, dans le respect des identités.

L’école ne peut pas être dans le déni des identités, c’est à dire de l’histoire familiale, de traditions, de la religion… C’est la raison pour laquelle les cours dits philosophiques (religion et morale non confessionnelle) ont leur importance.

MAIS l’école est aussi le lieu où l’on construit le vivre ensemble. Je suis personnellement très attentive à ce que l’école ne se communautarise pas. C’est la raison de la construction de cette partie commune, de contenus communs aux différents cours philosophiques, au-delà de barrières ou de préjugés éventuels.

L’intérêt de ce projet, plutôt que de dire « vous devez travailler le vivre ensemble » de manière théorique, au travers d’une circulaire, sans donner ni les clés ni le temps, c’est précisément de donner les outils au travers de ces cours philosophiques.

Concrètement, ce qui sera au cœur du contenu commun :

Apprendre à faire société. C’est le civisme, l’éducation à la citoyenneté.

Apprendre à mieux connaître l’autre. C’est le dialogue interconvictionnel.

Apprendre à faire sens. C’est le développement de l’esprit critique, du questionnement philosophique

Inscrire ces trois axes au cœur des cours philosophiques a évidemment toute son importance car c’est finalement une sorte de socle utile pour l’ensemble des ces cours et au-delà pour la construction de chaque jeune.

Pour que tout ceci se concrétise, il fallait une volonté programmatique, une volonté d’écrire ces contenus.

On comble ainsi un vide, puisque, au-delà de ce contenu commun, le projet vise à construire les contenus des différents cours. L’absence de référentiels jusqu’à ce jour pose des problèmes, par exemple pour l’inspection ou pour la formation des enseignants.

Concrètement, des groupes de travail propres à chaque culte travaillent sur ces contenus et un groupe interconvictionnel rédige le socle commun.

Pour être bien claire (on a pu lire ou entendre des approximations à cet égard), il ne s’agit pas pour la partie commune d’avoir un cours séparé, donné par une personne spécifique, en rassemblant les groupes. Le socle servira à chaque enseignant actuel, dans sa classe.

Ceci dit, un des piliers du contenu commun étant le dialogue interconvictionnel, il est clair que les moments de rassemblement (peu importe la forme que cela peut prendre) sont appelés à prendre de l’importance. L’initiative de ces deux enseignantes, de religion catholique et de religion islamique, qui travaillent régulièrement ensemble, est un bon exemple.

Nous vivons un moment clé de ce projet. Il a fallu faire du chemin avec les différents acteurs mais aujourd’hui on assiste à un double consensus : un consensus politique et un consensus entre les acteurs (chefs de cultes et représentants de la morale non confessionnelle).

Au niveau politique, les collègues de la majorité ainsi que l’opposition au Parlement de la FWB ont récemment salué les options prises et les avancées dans le dossier à l’occasion d’une présentation que j’ai faite en commission de l’éducation.

Au niveau des acteurs, les progrès s’accumulent, réunion après réunion.

Si aujourd’hui ce dossier arrive à maturité, c’est grâce à la persévérance, la patience et les nuances.