Résultats de l’Étude européenne des compétences en langues : satisfaction et pistes de progression

A l’issue de l’enquête internationale évaluant les compétences linguistiques des élèves européens, Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale en Fédération Wallonie-Bruxelles, exprime sa satisfaction quant aux résultats obtenus par les jeunes francophones et y décèle des pistes d’amélioration.

L’étude européenne des compétences en langues (ESLC) a comme objectif premier d’identifier des caractéristiques contextuelles, en d’autres termes des facteurs, qui ont un impact sur les apprentissages et d’ainsi permettre de mieux piloter le système scolaire. Elle constitue donc une source d’indications précieuses, dépassant la seule mesure des niveaux de maitrise. C’est pour cette raison que la Fédération Wallonie-Bruxelles a choisi d’y prendre part.

Trois domaines de compétences ont été évalués : le savoir lire, le savoir écouter et le savoir écrire. Et ce dans deux langues à choisir parmi les suivantes : l’anglais, l’allemand – les deux langues retenues pour les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à défaut du néerlandais qui n’était pas testé -, le français, l’espagnol et l’italien. Les élèves n’ont pas tous été testés sur la même langue, ni au même niveau d’avancement de leur cursus scolaire. Aussi, il convient de rester mesuré, d’un point de vue scientifique, quant à toute comparaison entre différentes entités.

Les résultats obtenus par les élèves francophones ont été analysés par une équipe de recherche de l’ULg, conduite par Mesdames Christiane Blondin et Christelle Goffin.

Sur base de leurs conclusions, la Ministre fait le constat d’un niveau satisfaisant au regard des objectifs donnés aux enseignants via les programmes des réseaux et les référentiels de compétences interréseaux, tout en voulant continuer à soutenir la progression.

Selon l’Inspection générale et plusieurs didacticiens, l’on peut raisonnablement attendre que des élèves fréquentant l’enseignement général de transition, atteignent à la fin de la 4e secondaire un niveau de maitrise de la langue dit A2 (en référence au cadre européen des langues). Or, dans cette enquête, les élèves ont été testés en février de la 4e année secondaire et dans toutes les filières d’enseignement, avec comme seul critère d’avoir suivi au minimum une année d’enseignement de la langue cible.

  • L’enquête permet de montrer qu’entre 40 et 50% des élèves ont déjà atteint ce niveau ou sont meilleurs, pour le savoir lire et le savoir écouter, et que 69% d’entre eux ont atteint ce niveau pour le savoir écrire, et ce avec des résultats très proches pour l’anglais et l’allemand.
  • La Fédération Wallonie-Bruxelles présente un pourcentage d’élèves en dessous du niveau minimum, dit pré-A1, moins important que de nombreux autres pays. La FWB, ne figure donc pas, en langues, parmi les systèmes scolaires les plus inéquitables, ce qui est pourtant souvent pointé comme principale faiblesse dans les enquêtes PISA.
  • Néanmoins, une attention particulière doit être portée aux élèves qui, en février de leur 4e secondaire, atteignent un niveau A1 de maîtrise des différentes compétences en anglais ou en allemand, et qui sont entre 30 et 45% de l’échantillon, selon les compétences ou les langues observées.

A noter que l’échantillon d’élèves testés présente des parcours en langues très différents (des élèves apprennent l’anglais depuis la 5e primaire, ou parfois avant ; d’autres ne l’apprennent que depuis la 3e secondaire, à raison de 2h ou de 4h par semaine.)

L’enquête SurveyLang permet une autre observation : elle identifie très clairement des différences de performances entre les pays de langue romane, les pays de langue germanique et les pays de langue slave. Or, pour la famille de langue à laquelle appartient le français, la FWB obtient des résultats tout à fait comparables – même légèrement supérieurs – à l’Espagne et au Portugal, et nettement meilleurs que la France.

Face à ces résultats, la préoccupation principale n’est pas de dresser des comparaisons, mais bien d’identifier les pistes à privilégier en vue d’améliorer les résultats des élèves.

  • L’angle d’attaque prioritaire est d’ordre pédagogique. Le Rapport général de l’Inspection a souligné combien les méthodes pédagogiques utilisées dans les classes, primaires ou secondaires, restaient encore trop éloignées de l’objectif communicationnel de l’apprentissage des langues. L’Inspection de l’Enseignement continuera également à privilégier cette approche communicationnelle des langues. Par ailleurs, la formation initiale et continuée des enseignants restent les garants d’une évolution des pratiques d’enseignement en langues.
  • Dans la même optique, un prochain chantier sera l’ajustement des référentiels interréseaux existants, en vue d’affiner la progression des apprentissages linguistiques, communicationnels et thématiques en fonction des niveaux prédéfinis dans le cadre européen des langues.
  • Dès maintenant, des efforts sont portés sur l’enseignement des langues, avec deux décisions importantes: après consultation de la Commission de pilotage, la Ministre a pris la décision d’introduire l’évaluation des compétences des élèves en première langue moderne dans l’épreuve externe commune du CE1D, à titre expérimental, dès juin 2013. Par ailleurs, la réforme du qualifiant, sous la forme de la CPU, s’attache à renforcer l’apprentissage des langues modernes, entre autres en privilégiant des stages en entreprise, des mobilités à l’étranger ou dans d’autres communautés nationales, ainsi que des partenariats avec la promotion sociale.
  • L’enquête SurveyLang confirme également l’intérêt de l’immersion. Le développement du nombre d’écoles qui le propose est donc une très bonne chose. A cet égard, il conviendra de renforcer la formation et l’encadrement des enseignants, et notamment celui des «native speakers».
  • Autre levier d’action que souligne l’enquête: l’utilisation des TIC, à l’école comme à la maison, car elle bénéficie à l’apprentissage des langues. L’équipement en TIC ne relève pas des compétences communautaires, mais son accès est le fruit de collaborations avec la Région wallonne et la Région bruxelloise. Par exemple, dans le cadre du projet «École numérique», du matériel est mis à disposition d’écoles qui remettent à cet effet un projet pédagogique d’utilisation des TIC dans le cadre de différentes matières.

C’est pourquoi Marie-Dominique Simonet réaffirme sa volonté de soutenir les enseignants dans une utilisation pédagogiquement réfléchie des TIC dans l’enseignement des langues, par la diffusion des innovations des équipes éducatives, et par la formation.

Marie-Dominique Simonet se réjouit que l’enquête SurveyLang permette par ailleurs de souligner les succès de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans un domaine favorable à l’amélioration de la maitrise des langues : les échanges scolaires et les visites d’écoles dans une langue étrangère. Rappelons l’existence du programme européen COMENIUS, complété à l’initiative de la Ministre d’un programme d’échange spécifique à la FWB, le programme EXPEDIS (le programme COMENIUS ne permettant pas la mobilité entre régions d’un même pays). Depuis la rentrée 2011, EXPEDIS soutient d’une part les séjours scolaires organisés dans le cadre privé, au sein d’une famille et d’une école d’accueil d’un élève de 3e, 4e, 5e et 6e secondaires, pour une période de 1 à 3 mois ; et d’autre part, les séjours scolaires organisés par un organisme de coordination, d’une durée de 3 à 10 mois d’un élève de 3e, 4e ou 5e secondaires. Cette année, 55 élèves ont entré un dossier et ce n’est qu’un début !

Différents leviers peuvent  être actionnés afin d’améliorer l’apprentissage des langues et dans ce domaine plus encore que dans d’autres, l’école ne peut faire cavalier seul. L’enquête SurveyLang souligne toute l’importance d’un environnement « language friendly » au quotidien. L’exposition aux langues est bénéfique et, dans ce domaine, la FWB fait partie des rares pays dans lesquels les programmes de télévision et les films en langue étrangère, dont la très grande majorité sont en anglais, sont systématiquement doublés.

Cette enquête montre l’impact favorable d’une perception positive de l’apprentissage d’une langue étrangère. Dans la pleine mesure de ses compétences, Marie-Dominique Simonet continuera à privilégier un environnement « language friendly » et un apprentissage des langues adéquat pour tous les jeunes.