22 mars 2006 | Communauté française


Limitation du nombre d'étudiants non résidents : le Gouvernement propose des garanties financières et sociales tout en confirmant l'objectif


Sur proposition de la Ministre de l'Enseignement supérieur, Marie-Dominique SIMONET, le Gouvernement de la Communauté française proposera, ce vendredi 24 mars 2006, en deuxième lecture, un avant-projet de décret qui vise à réguler le nombre anormalement élevé des étudiants qui viennent en Communauté française exclusivement pour s'inscrire dans certaines filières d'études.
L'objectif du Gouvernement est de limiter à 30 % les étudiants non résidents, qui s'inscrivent pour la première fois dans le premier cycle de certaines études organisées en Communauté française. Actuellement le pourcentage de ces étudiants dans ces filières varie entre 40 et 86 pc.
Les filières concernées par l'avant-projet de décret sont : - pour l'enseignement supérieur universitaire : la médecine vétérinaire et la kinésithérapie ; - pour l'enseignement supérieur hors universités : la kinésithérapie, la podologie, la logopédie, l'ergothérapie, les accoucheuses et les éducateurs spécialisés.
L'afflux anormalement élevé d'étudiants qui viennent en Communauté française pour s'inscrire dans l'une de ces filières a pour origine la stricte sélection à l'accès pour ces mêmes études en France.
Suite aux concertations avec les pouvoirs organisateurs, les organisations syndicales et les organisations représentatives des étudiants, la Ministre-Présidente Marie ARENA et la Ministre de l'Enseignement supérieur Marie-Dominique SIMONET restent convaincues de l'absence de mesure alternative réaliste. Cependant, et afin de répondre aux remarques formulées lors des concertations, certaines dispositions seront inscrites dans l'avant-projet de décret afin de garantir l'avenir des écoles concernées.

Sur le plan financier :

1. En 2006-2007, l'entrée en vigueur du décret n'aura aucune incidence sur le montant de l'allocation de fonctionnement des Hautes Ecoles et des Universités. Dans les sections organisant les formations visées par l'avant-projet de décret, à partir de 2008 et jusque 2017, le nombre d'étudiants entrant en ligne de compte pour le financement fera l'objet d'une mesure de correction de manière à augmenter la progressivité de l'entrée en vigueur des dispositions contenues dans l'avant-projet de décret. Concrètement, les Hautes Ecoles qui perdront des étudiants non résidents recevront des moyens financiers complémentaires, à concurrence de 75% du nombre d'étudiants perdus la première année, de 50 % la deuxième année et de 25 % la troisième année. Cette dotation complémentaire n'est accordée à la Haute Ecole que si celle-ci a déposé un plan d'accompagnement de son personnel (cfr. infra 4).
2. Les fonds de solidarité mis en place dans les années '90 permettront d'atténuer les conséquences financières des variations importantes du nombre d'étudiants auxquelles peuvent être confrontées certaines Hautes Ecoles. A partir de 2008 et jusque 2017, ces fonds de solidarité seront orientés exclusivement en faveur des établissements qui connaîtront une diminution du nombre d'étudiants. Cette dotation complémentaire n'est accordée à la Haute Ecole que si celle-ci a déposé un plan d'accompagnement de son personnel (cfr. infra 4).

Sur le plan social :

3. Durant l'année académique 2006-2007, les membres du personnel enseignant engagés à titre temporaire et ayant une ancienneté de deux ans au moins dans les sections visées par l'avant-projet de décret ne peuvent être licenciés.
4. Les autorités de la Haute Ecole déposeront auprès du Gouvernement, pour le 1er septembre 2007 au plus tard, un plan d'accompagnement du personnel. Ce plan fera l'objet d'une concertation sociale. Il permettra à la Haute Ecole d'organiser la reconversion ou la réorientation des agents compte tenu de la multiplicité des missions confiées aux Hautes Ecoles (enseignement, mais également recherche, services à la collectivité, formation continue), de l'augmentation des charges liées au processus de Bologne (mobilité des étudiants, évaluation de la qualité… ) ou de tout autre besoin (remédiation, promotion de la réussite), etc.
5. Si des enseignants devaient être mis en disponibilité, les Hautes Ecoles concernées ne devront pas supporter seules les charges que représentent ces mises en disponibilité. Ces charges seront supportées par l'ensemble des Hautes Ecoles (mutualisation).
6. Les enseignants mis en disponibilité conserveront 100 % de leur traitement pendant 3 ans, au lieu de 2.

Sur le plan structurel :

7. Les Hautes Ecoles concernées par l'entrée en vigueur de l'avant-projet de décret pourront introduire, au plus tard le 31 décembre 2006, une demande auprès du Gouvernement afin d'obtenir de nouvelles possibilités de programmation. Les établissements pourront ainsi solliciter l'autorisation d'ouvrir de nouvelles sections ou des années de spécialisation afin de répondre à la diminution du nombre d'étudiants dans les filières visées par l'avant-projet de décret et de se réorienter.
8. La Ministre de l'Enseignement supérieur entreprendra de nouvelles démarches au niveau européen en vue d'examiner la faisabilité de la mise en œuvre d'un fonds de compensation européen ou de toute autre solidarité.
9. 5 millions € ont été dégagés par le Gouvernement de la Communauté française en 2005 et en 2006 pour faire face à l'augmentation des populations étudiantes constatée à la rentrée 2004-2005 dans les Hautes Ecoles. Ces 5 millions € seront désormais intégrés et donc pérennisés dans l'enveloppe des Hautes Ecoles.
Cet avant-projet de décret a pour objet d'améliorer la qualité de l'enseignement supérieur en Communauté française. Il constitue une mesure de sauvegarde car, en effet, le nombre anormalement élevé d'étudiants non résidents :
- laisse entrevoir un risque de pénurie dans certaines professions ;
- entraîne une diminution des moyens alloués à chaque étudiant au sein des enveloppes fermées octroyées globalement aux Universités d'une part et aux Hautes Ecoles d'autre part ;
- perturbe, dans certains cas, l'organisation des stages.
L'entrée en vigueur de ce décret bénéficiera donc à l'ensemble des étudiants inscrits en Communauté française, qu'ils soient résidents ou non résidents.

Avec ce décret, Marie-Dominique SIMONET souhaite mettre en place un système d'enseignement plus équilibré. La Communauté française continuera d'accueillir jusqu'à 30 % d'étudiants non résidents dans ses Hautes Ecoles et Universités, alors que la mobilité moyenne en Europe s'élève à 2,5 % (nombre d'étudiants qui étudient dans un pays étranger).

Contacts |

Jacques CREMERS | porte-parole de Marie-Dominique SIMONET, jacques.cremers@cfwb.be

Quanah ZIMMERMAN | Attaché de presse quanah.zimmerman@fwb.be - 02/213.35.77 - 0475/32.59.80